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Résolution finale : Comité des Femmes de la FERPA 11 juillet 2009

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Les personnes âgées risquent davantage de sombrer dans la pauvreté que leurs concitoyens plus jeunes. Ceci vaut en particulier pour les femmes ; leurs chances de bénéficier de droits intégraux à la pension ont souvent été fortement amoindries du faut que traditionnellement elles sont moins représentées sur le marché du travail rémunéré.

Une recherche récente montre que d’ici 2050, la proportion des personnes âgées de plus de 75 ans et qui risquent de sombrer dans la pauvreté pourrait atteindre, voire dépasser les 30% dans tous les Etats membres de l’UE, à l’exception d’une poignée d’entre eux, les femmes plus âgées se trouvant dans une situation pire que celle des hommes. La féminisation de la pauvreté est maintenant devenue une réalité.

Les systèmes de pension ne vont pas à eux seuls résoudre les problèmes des femmes âgées si les origines des problèmes se trouvent sur le marché de l’emploi lui-même. Etant donné les problèmes de ségrégation des sexes et du travail à temps partiel sur le marché de l’emploi de nombreux pays, un taux élevé d’emploi ne va pas de par lui-même résoudre les problèmes liés aux pensions ni la pauvreté des personnes âgées.

Il y a une grande différence entre les schémas de travail des femmes et des hommes : Le nombre de femmes qui ont bénéficié d’un enseignement supérieur dépasse aujourd’hui celui des hommes dans les Etats membres de l’UE, mais leur taux d’emploi reste inférieur de 15 points de pourcentage à celui des hommes et elles continuent à faire l’objet d’un écart salarial de 15% en moyenne. En même temps, le taux de chômage des femmes continue à dépasser celui des hommes et le chômage de longue durée est toujours beaucoup plus répandu parmi les femmes que les hommes.

Les femmes sont aussi plus susceptibles de travailler à temps partiel : 32% de la main-d’œuvre féminine est occupée à temps partiel contre 7% seulement pour les hommes, et les gouvernements ne sont pas encore parvenus à régler cet écart et d’autres formes de travail atypiques par des droits en matière de pensions. 60% des mères de famille travaillent à temps partiel, contre 4% des pères de famille ; plus d’un quart des femmes âgées de 45 à 64 ans se consacrent aux soins non-rémunérés de personnes âgées ou handicapées.

Presque un tiers des femmes réduisent leur activité sur le marché de l’emploi pour directement se consacrer à la prestation de soins. Les femmes sont plus susceptibles de vivre seules lors de leur retraite : plus de 40% des femmes de 65 ans et plus sont veuves ; plus de deux tiers des femmes de 80 ans et plus sont veuves et 60% des femmes de plus de 75 ans vivent seules.

Toutes ces données traduisent le risque de pauvreté encouru par les femmes.

En conséquence, le Comité des Femmes de la FERPA demande instamment à la CES (Confédération Européenne des Syndicats) de faire de sérieux efforts pour réclamer de la part des institutions de l’UE un renforcement du rôle de l’Union Européenne dans le domaine de la réduction de la pauvreté, en particulier des femmes âgées, à travers tout le continent européen.

Empêcher que les personnes âgées ne sombrent dans la pauvreté et dans l’exclusion sociale et leur assurer une protection sociale adéquate, voilà une préoccupation croissante pour l’Union Européenne. Certains Etats membres l’ont reconnu et ont introduit un certain nombre de réformes pour renforcer leurs systèmes de pensions minimales en accroissant leur financement ou en introduisant ou en améliorant les prestations. La CES devrait renforcer sa politique en matière de personnes âgées et travailleurs retraités.
La pauvreté des femmes et l’exclusion sociale en Europe nécessitent des réponses politiques spécifiques, multiples et adaptées au genre. Le Comité des Femmes de la FERPA demande à la CES de faire un plus gros effort pour développer une nouvelle réponse syndicale pour s’attaquer à la pauvreté parmi les femmes plus âgées, basée sur les objectifs suivants :
1. Un emploi plus intensif durant la vie active
2. Une meilleure indexation des pensions payées et des prestations adéquates au conjoint survivant
3. Le renforcement des filets de sécurité sociale

4. Un meilleur crédit de pension pour les absences légitimes du marché de l’emploi
5. Un amendement des règles d’assurances sociales et l’adaptation des conditions pour le bénéfice des femmes
6. La fixation d’une pension minimale de survie pour toutes les femmes âgées.

Le Comité des Femmes de la FERPA demande à tous ses affiliés et à ceux de la CES d’attirer l’attention des gouvernements sur le risque de pauvreté parmi les femmes âgées et de lancer une étude sur l’impact des réformes des pensions sur la vie des femmes dans leur pays, en tenant compte de ce que l’individualisation des droits à la pension (et globalement des systèmes de sécurité sociale et fiscaux) encouragent les femmes et les hommes à s’engager dans le travail salarié, et donc à s’assurer une sécurité économique individuelle ; et que l’on développe des mécanismes pour s’adapter aux schémas d’emploi liés au besoin de la société d’assurer les soins aux enfants et aux autres personnes dépendantes, de telle sorte que celles et ceux qui interrompent leur carrière ou qui travaillent à temps partiel soient considérés comme ayant travaillé à temps plein dans le calcul des prestations des pensions.
Conclusions
1. Les meilleurs instruments politiques pour s’attaquer à l’exposition des femmes plus âgées à la pauvreté sont les politiques actives du marché de l’emploi pour les femmes, ciblant leur emploi, réduisant les écarts de salaires liés au genre par l’introduction de l’égalité salariale et soutenant leur carrière professionnelle.
2. Pour les femmes qui travaillent, l’accès à un plan de pension professionnelle décent doit aussi être fondé sur un pied d’égalité. Cependant, celles qui travaillent à temps partiel, ou à bas salaire, ou qui travaillent à domicile n’ont bien souvent pas accès à aucune pension professionnelle. Les systèmes de pension privés n’offrent pas de garantie, ni de sécurité financière. Ce sont les Etats qui sont le mieux à même de les fournir.

3. Les politiques actives du marché de l’emploi en faveur des femmes devraient être accompagnés d’une amélioration dans le sens de l’universalité des droits à la pension (par exemple en offrant à toutes les femmes des pensions minimales à taux fixe, basées sur le lieu de résidence, et qui soient supérieures au niveau officiel de pauvreté).
4. Les risques de pauvreté des femmes âgées devraient être spécifiquement ciblés en accordant des prestations plus adéquates au survivant pour toutes les veuves, et en améliorant l’indexation des pensions d’Etat et des pensions minimales.
5. Il faudrait entreprendre davantage de recherches pour étudier l’impact de crédits généreux à la garde des enfants et de garanties minimales de revenus aux femmes qui participent au marché de l’emploi.