La FERPA revendique fermement le droit des personnes âgées à une participation active à la vie publique, à la démocratie et à l’égalité. Elle veut égalemement souligner la condition des femmes âgées qui constituent la majorité de cette population et qui sont, entre autres, les plus pauvres et les plus touchées par la dépendance.
La construction d’une société pour tous les âges demande un changement profond de l’organisation de la production et de la société, une image positive d’une vie plus longue, la valorisation de l’apport des personnes âgées au bien être de la société, la reconnaissance du rôle actif qu’elles jouent dans la famille et dans la communauté, des systèmes de protection sociale dont la viabilité financière sera assurée par la croissance économique et par la politique du plein emploi. Il ne faut pas oublier que l’ONU, avec sa Deuxième Assemblée mondiale sur le vieillissement en avril 2002 et l’UNECE en septembre 2002, ont réalisé une reflexion très importante sur le vieillissement de nos sociétés et qu’ils ont également adopté des Plans d’action bien construits et indiqué toute une série de politiques à mener à fin que le vieillissement de nos sociétés soit un succès social et pas, par une excessive dramatisation, l’occasion pour la remise en cause des acquis sociaux. En ce sens, le Livre Vert n’a pas profité des suggestions des Plans de l’ONU et de l’UNECE. Il réserve une grande attention à la nécessité de faire monter le taux de fécondité, juste par ailleurs, mais il ne se charge pas d’une réflexion attentive sur l’augmentation de l’espérance de vie, qui représente l’élément central des changements démographiques.
La FERPA revendique la participation active des syndicats des travailleurs(euses) et des syndicats des retraité(e)s à toute prise de décision. Il faut également que sur les questions liées, au quotidien, sur les retraités et les personnes âgées un dialogue social soit accompagné par un dialogue civil « ad hoc » entre les Institutions européennes et les réseaux européens les plus représentatifs des retraités et personnes âgées, en tenant compte qu’ils donnent voix à environ 80 millions de citoyens âgés.
Concernant les questions posées dans le Livre vert
1) Estimez-vous que le niveau européen soit pertinent pour ouvrir une réflexion sur les évolutions démographiques et la gestion de leurs conséquences ?
Le niveau européen est très pertinent pour une réflexion de ce type en raison de l’étroite interdépendance économique et sociale entre les Etats membres.
La coopération dans ce domaine serait nécessaire comme l’avait déjà indiqué le Plan d’action international sur le vieillissement adopté par l’ONU lors de sa seconde Assemblée mondiale, Madrid avril 2002, et la Stratégie de Berlin de l’UNECE, septembre 2002 (voir annexe 1) .
2) Si oui, quels pourraient en être les objectifs, et quels domaines politiques vous semblent être concernés ?
Les objectifs à retenir :
Création d’une société pour tous les âges ;
Solidarité intergénérationnelle accrue par une intégration sociale plus forte des jeunes et des personnes retraitées et âgées ;
Promotion d’une haute qualité de vie et d’un degré de santé élevé pour tous ;
Plein emploi
Domaines politiques :
Le vieillissement doit être pris en compte dans tous les domaines d’action politique ;
Les systèmes de production et de protection sociale doivent être adéquats aux exigences des sociétés vieillissantes ;
Les politiques pour l’emploi, l’organisation du travail, la santé et la sécurité au travail doivent être améliorés pour tenir compte des travailleurs âgés
La formation tout au long de la vie est à promouvoir y compris après la retraite.
3) Comment une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée peut-elle aider à résoudre les problèmes liés au vieillissement démographique ?
Comment peut-on encourager une répartition plus équilibrée des responsabilités domestiques et familiales entre hommes et femmes ?
Comment stimuler davantage l’offre de structures de garde d’enfants (crèches, écoles maternelles, etc.) et de soins aux personnes âgées, à la fois par les collectivités publiques et les entreprises ?
Un taux réduit de TVA appliqué aux services de garde d’enfants et de soins aux personnes âgées peut-il contribuer à leur développement ?
Une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie privée peut être obtenue par une répartition équitable des responsabilités familiales et domestiques, ce qui est un élément essentiel pour la réalisation d’une véritable égalité de chances entre les sexes.
Il faut augmenter l’offre de structures de garde d’enfants et, en ce qui concerne les personnes âgées, créer un véritable système de services sociaux et socio-sanitaires à domicile pour les personnes les plus âgées et dépendantes. Des structures d’accueil et de résidence doivent être créées pour les personnes lourdement dépendantes y compris celles atteintes par la maladie d’Alzheimer et par les pathologies mentales plus généralement. Le système des services et des structures sera financé par le public, sa qualité sera garantie par l’Etat avec la participation des municipalités et des régions concernées. L’accès aux services de soins et aux structures sera universel. La participation des personnes dépendantes à l’organisation des services qui les concernent sera considéré comme un élément essentiel de leur qualité.
Il faut considérer la création d’un tel système de service comme un investissement capable d’assurer le respect des droits des personnes dépendantes et en même temps de nouveaux emplois de qualité.
Il faudra créer des instruments tels que, par exemple, le congé parental pour assurer les soins aux enfants et aux personnes âgées de la famille. Ceux-ci doivent être octroyés sur des bases égalitaires entre les sexes.
La réalisation d’un « continuum of care » aux personnes âgées et d’un « continuum of support » aux soigneurs sera le contexte nécessaire pour le soutien et la promotion de la solidarité entre générations, à la base du modèle social européen.
L’incitation fiscale, notamment une réduction de la TVA, dont l’Union garde un certain degré de compétence, pourrait être une mesure utile pour aider les familles mais dans un contexte des services publics et d’intérêt général.
4) Dans quelle mesure l’immigration peut-elle compenser certains effets négatifs du vieillissement démographique ?
Quelles politiques doivent être mises en place pour intégrer ces migrants, en particulier les jeunes ?
L’immigration doit être considérée comme une ressource pour les sociétés européennes, mais elle ne peut pas représenter la solution au vieillissement de la population européenne. Dans certains Etats membres à très basse natalité, comme l’Italie, la Grèce, l’Espagne ou le Danemark, le taux réel de natalité serait bien plus bas s’il n’y avait pas eu d’immigration.
Les politiques d’intégration des migrants sont ainsi fondamentales pour garantir la cohésion sociale dans un espace de plus en plus multiculturel comme celui de l’Europe du XXI siècle. Pour être efficaces elles doivent également tenir compte des spécificités des migrants âgés.
La promotion de milieux associatifs pour l’intégration, la formation et la valorisation des migrants jeunes et âgés peuvent être une des mesures envisageables à ce propos.
5) Comment améliorer la qualité des systèmes de formation initiale et de formation des adultes ? Quelle peut être la contribution de l’éducation non formelle et des activités de volontariat ? Quelles peuvent être les contributions des fonds structurels et des instruments visant à un meilleur accès à la société de la connaissance ?
La formation est le pilier principal de la société, de la connaissance telle qu’envisagée par la Stratégie de Lisbonne. Les changements sociétaux ont comme conséquences des discontinuités entre les périodes de la formation initiale, l’emploi et le chômage. Les parcours de la vie active doivent reposer sur des garanties sociales permettant aux femmes et aux hommes l’accès à l’emploi, à la formation professionnelle multidisciplinaire, à des revenus stables dès la sortie du système scolaire jusqu’à la retraite.
La formation des femmes et des hommes à la retraite se pose comme un élément clé pour assurer leur participation à la vie de la société (Article 25 de la Charte de Nice).
L’apport des activités de volontariat peut être très important, y compris l’expérience des universités populaires ou du troisième âge, qui prennent en compte les demandes et les attentes des retraités et qui réalisent aussi une gestion sociale.
Les fonds structurels doivent soutenir la formation tout au long de la vie y compris l’alphabétisation et l’utilisation des nouvelles technologies par les retraités et les personnes âgées autrement, ils seront destinés à des nouvelles formes d’exclusion sociale.
6) Quelles solidarités peuvent être développées entre les jeunes et les personnes âgées ?
Toute politique communautaire doit prévoir le renforcement de la solidarité intergénérationnelle, y compris la valorisation des actions de la part des personnes âgées vis à vis des jeunes et des actions des jeunes vis à vis des personnes âgées. Les personnes retraitées et âgées constituent une ressource pour la société, pas un poids à soutenir et à culpabiliser.
En ce qui concerne le travail, le patrimoine de compétences et d’expériences professionnelles des personnes à la retraite doit être transféré aux jeunes travailleurs. De leur part, les jeunes pourraient soutenir « l’alphabétisation informatique » des personnes âgées.
La solidarité intergénérationnelle doit se développer non seulement à l’intérieur de la famille mais aussi dans la société. On pourrait préconiser, par exemple, de bénéfices fiscaux pour les retraités qui ouvrent leurs appartements à des jeunes étudiants et des travailleurs comme c’est déjà le cas dans certains pays. On pourrait même suggérer d’assurer une aide financière aux jeunes qui s’engagent à soutenir dans le quotidien leurs voisins âgés.
Les institutions scolaires pourraient favoriser des actions de formation en commun entre jeunes et personnes âgées ; la disponibilité d’enseignants à la retraite serait à valoriser en tant que « tutor » des jeunes en difficulté.
Les communes pourraient promouvoir la diffusion dans les quartiers de centres sociaux pour favoriser le rencontre et les activités sociales, à gérer par de comités intergénérationnels.
Un échange de bonnes pratiques dans ce sens doit être prévu et valorisé dans les différents programmes d’actions communautaires ( voir Urban).
7) Comment moderniser l’organisation du travail pour tenir compte des besoins spécifiques à chaque groupe d’âge ?
Comment permettre aux plus âgés de travailler davantage ?
Comment adapter l’organisation du travail à une nouvelle répartition entre générations, avec moins de jeunes et plus de « travailleurs âgés » dans les entreprises ?
Comment les différents acteurs de l’Union peuvent-ils contribuer à y répondre, en particulier le dialogue social et la société civile ?
Dans le contexte démographique actuel et futur, l’objectif d’augmenter le taux de participation au travail entre 55 et 64 ans pourra être acquis si la hausse de l’âge moyen des travailleurs sera capable d’améliorer dés maintenant l’organisation du travail et si la formation tout au long de la vie sera assurée. Cet objectif ne doit pas alimenter une opposition dangereuse entre les jeunes et les « vieilles » générations au travail. A travers le dialogue social à propulser au niveau national et au niveau européen, la diffusion de pratiques améliorant la santé dans les entreprises et une réorganisation du travail suivant de normes ergonomiques pourront avoir un impact positif sur la productivité des travailleurs et sur leur employabilité. Des choix de ce type permettraient de neutraliser les effets négatifs du vieillissement de la main d’œuvre européenne.
Le dialogue social sera accompagné par une politique d’investissement en ressources humaines et engagé à l’élimination des discriminations liées à l’âge, y compris selon les indications de la Fondation de Dublin. Le dialogue social, à la base du modèle social européen, reste un atout indispensable pour le développement économique et social de l’Union y compris pour réussir le défis d’une société vieillissante.
La Commission européenne devrait se charger de créer un nouveau dialogue civil spécifique avec les organisations des personnes retraitées et âgées, selon les indications des Plans de l’ONU et de l’UNECE, à fin d’améliorer la démocratie européenne en valorisant l’apport de ses 80 millions de citoyens retraités et en assurant un instrument pour la participation active des retraités à la vie de la société européenne, tout comme le prévoit la Charte de Nice à l’art. 25.
8) Doit-on encore fixer un âge légal de départ à la retraite, ou permettre une retraite flexible et progressive ?
Ceci ne doit pas être considéré comme une option “soit ... soit ... Il faut qu’il y ait un âge légal de la retraite, à partir duquel on peut bénéficier de sa pension. Mais il devrait être possible aux personnes qui souhaitent travailler plus longtemps de le faire et d’acquérir des droits à la pension sur les revenus qu’ils ont ainsi gagnés même après avoir atteint l’âge légal de la retraite. Le montant de la pension annuelle devrait augmenter d’autant plus que la personne a pris sa retraite tardivement. Cela créerait des encouragements à travailler plus longtemps. Il faut préserver le système « à répartition ». Des systèmes souples de retraite progressive permettant le travail à temps partiel combiné à la retraite partielle pourraient être mis en place au travers du dialogue social. La retraite des personnes qui ont un travail lourd et particulièrement pénible devrait également être résolue au travers du dialogue social.
9) Comment permettre la participation des « seniors » à la vie économique et sociale, notamment grâce au cumul entre salaire et pension, à de nouvelles formes d’emploi (temps partiel, intérim) ou à d’autres formes d’incitations financières ?
Comment développer les activités employant des « seniors » dans le secteur associatif et l’économie sociale ?
La participation des « seniors » au développement économique et social doit être reconnue et promue à tous les niveaux. Les personnes retraitées et âgées ont un rôle économique entre autres en tant que demandeurs de biens et de services. En ce sens, il y a un aspect négligé par le Livre vert c’est-à-dire l’utilité de soutenir, via la fiscalité par exemple, la production des biens qui améliorent la qualité de vie du « grand âge » et des personnes dépendantes : médicine à distance, télé-secours, équipements particuliers du logement y compris la salle à manger et la salle de bains, adéquation des transports publics aux exigences de mobilité d’une société vieillissante, adaptation de l’offre culturelle…
Le pouvoir d’achat des retraités est à sauvegarder. Les personnes retraitées et âgées doivent partager les bénéfices de la croissance. Les activités des retraités ne peuvent donc pas se réduire qu’au travail salarié, qui ne représente en tous cas pas la seule forme de participation à la vie des sociétés.
Un grand nombre de retraités contribuent déjà à la vie économique de la société en assurant surtout au niveau familial une série précieuse de services, notamment la garde d’enfants, qui aurait un coût non négligeable pour les familles.
Les retraités offrent également un apport important à la société en tant que bénévoles. La FERPA veut souligner en particulier le bénévolat que déjà aujourd’hui un grand nombre de retraités assure à leurs communautés y compris pour aider les enfants et les personnes les plus âgées et les plus démunies. Ce type d’activités doit être bien encadré dans un système de règles et ne doit pas signifier le retrait de l’Etat vis-à- vis du social.
Pour éviter le risque de miner la solidarité intergénérationnelle, il faut éviter la mise en concurrence sur le marché du travail des retraités avec les jeunes dans les nouvelles formes d’emploi qui sont à rendre plus sûres et productrices de droits, tout comme le travail à durée indéterminée (flexi-security).
En tout cas, la possibilité d’accéder à ces types de contrats, ou à des incitations financières ayant un effet équivalent, sera à établir à travers le dialogue social et ne doit pas porter préjudice au fonctionnement et à la consistance des pensions publiques.
Dans le secteur de l’économie sociale, notamment le milieu associatif, la participation des retraités peut être développée grâce au soutien aux associations sans but lucratif.
10) Comment accompagner la mobilité des retraités entre États membres, notamment en matière de protection sociale et de soins de santé ?
La libre circulation des personnes est une des quatre libertés fondamentales introduites et promues par le Traité établissant une Communauté Economique Européenne. En suite, la mise en place d’une citoyenneté de l’Union par le Traité de Maastricht a élargi la portée de la liberté de mobilité des personnes, en introduisant de nouveaux droits politiques au niveau européen. Si la mobilité des personnes en Europe est, jusqu’à présent, promue et poussée pour les jeunes, notamment par le biais du programme Socrate, peu de mesures spécifiques existent pour les autres âges, surtout dans un contexte de vieillissement de la population.
Il faut faire en sorte que les pensions soient payées dans tous le états membres sans aucun problème administratif. Pour favoriser la mobilité, il faut que la Charte européenne d’assurance maladie soit diffusée au plutôt dans les 25 pays et qu’elle reprenne tous les éléments et toutes les données qui concernent la santé du ou de la titulaire.
Le système de transport public européen doit être adapté aux besoins d’une société vieillissante, voir par exemple l’aménagement des gares, des trains, des aéroports vis-à-vis des personnes à mobilité réduite et en chaise roulante. Dans la gestion des fonds structurels, on pourrait envisager l’introduction d’un volet spécifique pour favoriser la reconversion et la qualification de ces infrastructures.
11) Comment investir dans la santé et la prévention pour que les Européens continuent à bénéficier des gains d’espérance de vie en bonne santé ?
Le but de toute politique de santé, selon la définition de santé [1] proposée par l’OMS, doit être celle de garantir le bien être et une vie indépendante à tous les âges. La promotion du bien être tout au long de la vie passe inévitablement par une vaste activité de prévention depuis la naissance, le vieillissement étant un processus social sensiblement influencé par les conditions et la qualité de vie, de l’organisation sociale, de l’environnement et du travail.
L’amélioration du système de santé publique doit assurer l’accès universel et une attention majeure à la prévention des maladies y compris celles liées à l’âge. Il ne faut pas remettre en cause le caractère public et universel des services de soins de santé qui représentent un acquis européen essentiel. Les investissements nécessaires doivent être réalisés à plusieurs niveaux institutionnels : communes, régions, état. La participation des associations syndicales des professionnels et des patients à la meilleure organisation des services sera à valoriser. Une approche intersectorielle par rapport aux effets sur la santé et l’environnement sera assurée dans tous les domaines politiques.
Dans la ligne tracée par l’ONU et par l’UNECE, une meilleure attention devrait être portée aux soins dits « palliatifs » qui permettent aux personnes âgées de vivre dignement et d’intégrer activement l’espace politique de la citoyenneté. L’allocation des ressources importantes à la recherche scientifique sera considérée en tant qu’un investissement social et l’instrument pour assurer le droit à la santé en réduisant à moyen terme les dépenses pour la santé.
Dans ce cadre, le soutien communautaire doit renforcer le volet spécifique à l’intérieur du Programme Cadre de la Recherche en réservant une attention particulière au bien-être et aux aspects sociaux de la santé, en favorisant la participation des organisations des professionnels et des patients à la recherche-action et l’échange de connaissance et de bonnes pratiques entre les Etats membres.
12) La coordination des politiques nationales de protection sociale devrait s’étendre aux soins de longue durée pour personnes âgées en 2006. Quelle contribution pourra-t-elle apporter à la gestion des changements démographiques ?
Compte tenu des prévisions démographiques y compris présentées par le Livre vert, la coordination de politiques nationales des soins de longue durée constitue une opportunité précieuse pour l’Union. La dépendance ne peut pas produire une réduction de la citoyenneté des personnes concernées. Dans trop de pays, les personnes dépendantes ne peuvent plus participer au vote parce que rien n’est prévu par rapport à ceux qui ne peuvent pas rejoindre le lieu de vote ; elles sont donc privées du droit politique le plus important. Les soins à assurer aux personnes dépendantes rentrent dans le domaine des droits humains qui doivent assurer à chaque citoyen les conditions d’une vie digne. Le titulaire de ces droits est la personne dépendante en tant que telle ; sa famille, si présente et disponible, pourra participer à la réalisation de ces droits.
La création d’objectifs communs, d’indicateurs partagés, d’études et d’évaluations des pratiques nationales vis-à-vis des soins de longue durée et des soins aux personnes dépendantes permettra à l’Union de créer de synergies utiles pour la gestion des changements démographiques. En tenant compte de l’augmentation de l’espérance de vie et du fait que selon les recherches scientifiques, environ 25% des personnes ayant plus de 75 ans sont frappées par la dépendance. Il faut mettre en oeuvre un véritable « système de soins et de services » pour les personnes dépendantes en assurant leurs droits et la création des nouveaux emplois. Le financement de ce service sera assuré par le fiscal à travers un débat et une responsabilisation de toute la société.
La possibilité d’arriver à un minimum de garanties sur la qualité des services de soins de longue durée à l’intérieur de la communauté, par le biais de la méthode ouverte de coordination qui doit démarrer en 2006, selon les décisions du Conseil européen, permettrait à l’Union de répondre de manière active au défi des changements démographiques.
13) En particulier, faudra-t-il distingu²er entre pensions de retraite et allocations d’autonomie ?
Oui. La pension de retraite origine la participation au travail du ou de la titulaire ou des droits dérivés, à la fin d’une carrière de travail et selon des règles qui sont le résultat d’un pacte de société et de solidarité entre les générations. L’indemnité d’autonomie par contre est à reconnaître sur base des conditions de santé de la personne concernée à n’importe quel âge et s’il y a eu ou pas participation dans le marché du travail.
14) Comment former le personnel nécessaire et offrir des emplois de qualité, dans un secteur souvent marqué par des salaires et des qualifications peu élevés ?
Tout d’abord, il faut faire l’exercice de prévoir en termes de quantité/qualité, le nombre des professionnels dont les pays européens nécessiteront dans les prochaines décénnies. La formation de ce personnel sera programmée au niveau national en partant par une nouvelle valorisation sociale et salariale de ce type de travail finalisé au bien être des personnes considérées en tant que « produit social » d’importance primaire. L’investissement public adéquat pour l’amélioration de la formation des travailleurs engagés dans le secteur des soins doit être assuré. Les soins de santé, les services sociaux et les services aux personnes dépendantes représente un secteur capable de créer de l’emploi de qualité dont les jeunes pourront bénéficier. La formation des professionnels doit prévoir la promotion d’une relation participée avec la personne à soigner qui doit rester le sujet des soins et pas être réduit à un objet de soins. Cette « activisation » comme le soulignent plusieures recherches scientifiques, représentent un facteur important pour défendre et valoriser les capacités et les habilités résiduelles. L’évaluation des personnes concernées, des associations des patients et des familles sur la qualité des soins et des services sera également à prendre en compte dans le processus de formation du personnel. En présence de personnes avec des handicaps cognitifs et mentaux, le tuteur ou sa famille se prononceront sur la qualité des soins et des services.
Le recours aux incitations fiscales et financières pour les jeunes étudiants qui suivent des formations dans ces secteurs, serait une mesure à retenir. La valorisation des professions liées au vieillissement de la population passe également par une hausse des salaires, la garantie d’une formation tout au long de la vie, la considération de la pénibilité de certaines activités, une meilleure organisation du travail.
15) Comment répartir de manière équilibrée la prise en charge du « grand âge » entre familles, services sociaux et institutions ?
La prise en charge des personnes dépendantes est un devoir de la société. Parmi les six droits fondamentaux que la FERPA revendique pour les personnes âgées de l’Union Européenne il y a la prise en charge des personnes dépendantes par les systèmes de santé publique. On ne peut pas sousestimer les transformations profondes connues par « la famille », la modification du rôle social des femmes (la plupart des soigneurs informels), l’augmentation de la présence des femmes sur le marché du travail qui reste à stimuler selon la stratégie de Lisbonne, la mobilité professionnelle, la montée des familles monoparentales. La FERPA veut souligner principalement que les citoyens du grand âge et les personnes dépendantes sont demandeurs de droits en tant que citoyens à part entière et qu’ils ne veulent pas dépendre de leurs familles et encore moins conditionner le projet de vie de leurs enfants. Ceci dit, la reproposition d’un rôle traditionnel de la famille et des femmes serait une erreur majeure parce que cette famille n’existe plus et que les femmes veulent jouer un nouveau rôle dans la société. Si la famille est présente et disponible, elle peut jouer un rôle actif dans la programmation des services. La FERPA propose donc une concertation ouverte et constructive entre les institutions, les gestionnaires des services sociaux, les associations des patients et des familles qui devrait se réaliser au niveau local, régional et national sera essentielle pour la réussite et l’efficacité de la politique de soins et de services.
16) Comment aider les familles ? Comment soutenir les réseaux de soins de proximité ?
Quand les familles sont présentes et disponibles à se charger des soins nécessaires pour leurs membres dépendants, les pouvoirs publics, surtout à l’échelon municipal et régional, doivent les soutenir. Le travail des soigneurs familiaux, la plupart des femmes, doit être reconnu soit à travers d’un soutien financier soit via la reconnaissance de la durée de ce travail du point de vue de la retraite. Les soigneurs familiaux doivent bénéficier d’une formation ad hoc et participer à la programmation des soins. Une attention particulière doit être réservée aux femmes âgées qui se chargent de soigner leurs époux. L’amélioration des investissements sur le plan quantitatif et qualitatif dans le secteur des soins doit représenter une priorité des gouvernements locaux, régionaux et nationaux. L’introduction de congés parentaux pour les soins aux personnes âgées et la déduction de charges financières soutenues par leurs familles peuvent être des instruments complémentaires à la politique d’investissement public. La prise en compte du rôle essentiel des soins dits « palliatifs » pour l’amélioration des conditions de vie des personnes du grand âge doit influencer la programmation et la mise en place des nouvelles politiques de soins, surtout dans les cas de maladies cognitives et de démence sénile.
Une attention particulière doit être confiée aux personnes âgées vivant dans des milieux ruraux ou isolés, notamment par le biais des services de soins à domicile et des réseaux de proximité. Les réseaux de soins de proximité doivent accéder aux financements publics, tout en garantissant un degré élevé de qualité de leurs prestations. L’offre de soins à domicile peut être amélioré grâce à l’engagement des institutions publiques et au soutien financier et fiscal des acteurs concernés.
17) Comment réduire les inégalités entre hommes et femmes à l’âge de la retraite ?
La réduction des inégalités entre hommes et femmes à la retraite se passe pour une action qui doit se réaliser tout au long de la vie des personnes. Cette inégalité à la retraite est le résultat des fortes différences de rémunération entre hommes et femmes, de la ségrégation professionnelle et du manque des chances pour la formation des femmes ; l’insuffisance de politiques qui permet de concilier vie professionnelle et vie personnelle de l’insuffisance des services sociaux qui caractérise la plupart des pays de l’Union Européenne. Une véritable politique d’égalité des chances entre les sexes, unie à la promotion de congés parentaux pour les hommes vis-à-vis des enfants ou des personnes âgées, peuvent contribuer à améliorer la retraite des femmes. Les pouvoirs publics doivent s’engager à lutter contre la « féminisation de la pauvreté » y compris celle des femmes âgées. La FERPA souligne la présence en Europe de plusieurs millions de femmes âgées qui ont une retraite minimale qui ne leur permet pas de vivre dignement. L’Union Européenne doit promouvoir une action forte contre ce type de pauvreté qui alimente exclusion et dépendance. En général les pouvoirs publics doivent d’autant plus mettre en oeuvre une stratégie qui tienne en compte des besoins et des spécificités de chaque sexe dans une société vieillissante.
18) Comment utiliser les nouvelles technologies pour soutenir les personnes âgées ?
Les nouvelles technologies constituent une ressource fondamentale pour l’amélioration de la vie des retraités et des personnes âgées. L’alphabétisation informatique de base adressée aux retraités et aux plus âgés doit prévenir de nouvelles formes d’exclusion sociale, développer leur capacité de communication et entraîner leurs aptitudes afin de leur assurer un vieillissement actif et la pleine intégration démocratique à tous les niveaux. Le gain de cette alphabétisation en termes d’amélioration de la vie quotidienne sont importants voir par exemple pour l’accès aux institutions publiques et l’inscription aux services de soins. Les outils techniques devront être simples à utiliser et sans aucune barrière ergonomique.
19) L’Union devrait-elle promouvoir des échanges et une analyse régulière, par exemple annuelle, des changements démographiques et de leur impact sur les sociétés et toutes les politiques concernées ? Les instruments financiers de l’Union – notamment les fonds structurels – doivent-ils mieux tenir compte de ces changements, et comment ?
Une analyse régulière des changements démographiques serait utile pour vérifier les effets des politiques adoptées dans tous les domaines concernés (repris dans les questions posées par le Livre vert). Les politiques européennes et les fonds structurels doivent soutenir la production des biens et des services pour le grand âge, l’alphabétisation informatique de tous les âges, l’adaptation des infrastructures y compris des transports publics, la création des structures d’accueil pour les enfants et les personnes dépendantes, l’égalité des chances, la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
20) Comment la coordination européenne des politiques de l’emploi et de protection sociale pourrait mieux intégrer la dimension des changements démographiques ?
Comment le dialogue social européen peut-il contribuer à une meilleure gestion des changements démographiques ? Comment intégrer la dimension du changement démographique dans l’ensemble des politiques internes et externes de l’Union ?
La coordination européenne des politiques pour l’emploi et des politiques de protection sociale pourrait être plus efficace à condition que la structure des âges et des sexes des citoyens soit toujours pris en compte dans les choix politiques tout comme la dimension démographique et l’approche interdisciplinaire. Le dialogue social est à considérer comme un outil indispensable pour le succès des politiques qui ont pour but de répondre aux grands défis lancés par des changements démographiques aussi importants. Les organisations plus représentatives de retraités et des personnes âgées, voir la FERPA, revendiquent aussi la création d’un dialogue civil ad hoc pour réaliser l’intégration des retraités et des personnes âgées dans la démocratie à tous les niveaux, y compris les niveaux européens, comme le Plan de l’ONU et la Stratégie de Berlin le suggèrent à tous les pays.
La FERPA insiste à fin que les contributions des organisations représentatives des personnes retraitées et âgées européennes soient prises en considération dans la définition des choix futurs sur le vieillissement de nos sociétés.
